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LA TENTATION DE L’HOMME-DIEU : extrait 1

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Tentation de l'Homme-Dieu

Nous vivons aujourd’hui à une époque qui se déchristianise et que l’on déchristianise.
On devrait être, là encore, plus vivant, plus fort, plus puissant.
Tel n’est pas le cas.
Quand le christianisme existe, l’espérance d’une vie plus forte que la mort existe avec lui à travers la résurrection du Christ. Ce qui donne beaucoup de force, beaucoup de puissance à l’existence.
Quand le christianisme n’existe plus, tout s’achevant dans la mort, il y a, qu’on le veuille ou non, de l’amertume. On ne vit pas bien en vivant amer. Cela n’aide pas à être vivant, fort et puissant, et de ce fait joyeux.
Nietzsche pensait que le tragique rend joyeux. Ce n’est pas l’impression que donne la postmodernité, qui se veut tragique : son rire amer n’est pas ce que l’on peut appeler un vrai rire.

Enfin, nous vivons aujourd’hui dans un monde qui exalte l’affirmation de soi ainsi que la volonté de puissance. On devrait être soi.
Tel n’est pas le cas, l’affirmation de soi débouchant sur l’affirmation du moi à travers le développement d’un hyper-individualisme narcissique.
Hyper-individualisme fragile, comme l’a bien vu Tony Anatrella : derrière l’individu schizoïde vivant dans son moi en surfant sur la vague de l’existence de façon décomplexée, on a en réalité affaire à un individu incapable de supporter le manque et s’écroulant à la première frustration.

Les valeurs de mort de Dieu, de déchristianisation et d’affirmation de  soi défendues par Nietzsche ont triomphé, puisqu’elles mènent le monde d’aujourd’hui.
Constatons-le : ce n’est pas une réussite, de telles valeurs produisant vide, tristesse et narcissisme fébrile en lieu et place de la vie, de la force  et de la puissance escomptées.
Cet échec vient de ce que Nietzsche a fait une erreur que nous reproduisons.
Quand celui-ci déploie son projet philosophique, il diabolise Dieu et le christianisme tandis qu’il idéalise la volonté de puissance.
Il ne perçoit pas ce que nous sommes en train de découvrir.
Quand Dieu n’existe pas et que tout est possible, ce n’est pas la liberté qui surgit, mais un nouvel ordre du monde : le monde de l’Homme-Dieu, du décret tout puissant et du contrôle total de l’existence.
En ce sens, l’Antéchrist souhaité par Nietzsche n’est pas l’image du libérateur, mais celle de l’oppresseur. Dostoïevski l’a compris.
Quand Dieu existe, sa place étant occupée, impossible de se prendre pour Lui.
Quand il n’existe plus, sa disparition déchaîne l’orgueil Humain.
Le règne de l’illimité, de l’égalité et de la sécurité mis en place par l’Homme-Dieu en est l’illustration.
En apparence, celui-ci donne l’impression de permettre à l’Homme de s’émanciper.
En réalité, en l’enchaînant à lui-même, il l’empêche de le faire.

Extrait de : « La tentation de l’Homme-Dieu » de Bertrand Vergely. Chapitre 1.

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