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Renvoyer sa femme ? Renvoyer son mari ? …

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Évangile selon St Marc (10, 1-12) 

En ce temps-là, Jésus arriva dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. De nouveau, des foules s’assemblèrent près de lui, et de nouveau, comme d’habitude, il les enseignait. Des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient :
« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »

La vie à deux est souvent difficile…
Passé l’éblouissement des débuts, des tensions peuvent apparaître, qui nécessitent beaucoup de dialogue et de compromis pour être surmontées :
il est plus facile de rompre, que de se remettre en question…

L’idée masculine de supériorité sur la femme est à l’origine de bien des atrocités, encore aujourd’hui…

Les juifs de l’antiquité se croyaient supérieurs aux femmes (les hommes d’aujourd’hui aussi…).
La société Juive ne permettait pas aux femmes d’être autonomes.
Pour apaiser les conflits « femme/mari », un « arrangement » avaient été inventé par Moïse : la répudiation.
Elle donnait l’avantage et l’initiative au mari, laissant la femme dans une situation très précaire… (mendicité, prostitution…)
Jésus ne pouvait pas approuver.

Les musulmans ont conservé l’antique (et odieux) privilège masculin de la polygamie, jusqu’à aujourd’hui, même si cette disposition est de moins en moins appliquée, et c’est tant mieux…
Pauvres femmes, contraintes d’accepter les débordements masculins, sans contrepartie !
Ainsi l’homme bénéficie d’une liberté sexuelle débridée, l’autorisant à « avoir » plusieurs femmes, soumises à son bon vouloir, mais la femme n’a aucun droit ?

Quel est cet orgueil qui prétend qu’une seule femme ne peut suffire à contenter un  homme ?
Quel est cet homme qui attache sa femme à la maison, comme le fermier, sa vache à l’étable ?
Quelle est cette relation qui prend et néglige de donner ?

Jésus rappelle l’Écriture… La volonté de Dieu, c’est l’Amour, et l’Amour commence par le respect, l’humble respect… respect mutuel !

 Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

Il est bien -ici- question d’un couple à deux…

De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »

Jésus reconnait une parfaite réciprocité des droits et des obligations homme/femme, (ce qui était révolutionnaire à l’époque…)

Jésus ne parle pas des couples homosexuels…
J’ose ici reconnaitre humblement mon incompréhension, mais aussi mon plus grand respect de la différence, de toute différence, et surtout je ne me sens pas autorisé à juger de l’Amour des Êtres, réel ou pas : à chacun son histoire sacrée, que Dieu connait.

On peut  quand même regretter la « promotion » faite sur les médias pour tous les comportements atypiques, souvent érigés au rang d’originalité exemplaire, ou d’expérience majeure… ce qui crée un phénomène de mode ?
Les  » LGBT  » (Lesbiennes, Gay, Bisexuels ou Transgenres) sont-ils dans la vérité de la Création, du corps ? À chacun sa réponse…
Mais ce que je crois absolument, c’est que tout Amour véritable unissant deux êtres, (quels qu’ils soient), rend présent le Dieu qui en est la Source… Tout Amour serait donc sacré, puisqu’il est le tabernacle de la Présence Divine.

Le reste appartient à Dieu : Dieu Aime, Dieu sauve.

 

J’aimerais exprimer ici mon espérance nouvelle pour la  » chair  » :
l’Homme et la Femme  » attachés  » ne sont plus deux, «  ils sont une seule chair  » dit Jésus…

La  » chair  » est notre corps, le module nécessaire à notre vie temporelle, la limite entre  » moi  » et  » toi « , le moyen indispensable à toute relation, qui passe par notre bouche, nos oreilles, nos yeux, nos mains, etc… 

Jésus est clair : l’amour conjugal fusionne les époux en «  une seule chair  », tous deux ne faisant plus qu’un :
fusion amoureuse où chacun s’oublie pour exister en l’Autre, pour se donner totalement, devant Dieu Témoin.

Ces mots de Jésus éclairent pour moi cette phrase du Credo :  » je crois en la résurrection de la chair « .
Le couple constituant «  une seule chair  » pourrait-il devenir le  » véhicule commun  » des deux époux pour le Salut offert en Jésus ?

Ainsi lorsque je prononce ces mots  » je crois à la résurrection de la chair  »,
je crois en un Salut commun et indivisible avec mon Épouse, chair de ma chair devant Dieu, chacun entraînant l’autre dans son envol vers le Père, les  » plus  » de l’un compensant les  » moins  » de l’autre…
Je dis le Credo, en pensant à mon épouse, et en confiant notre destinée commune à Jésus…

Enfin, et pour finir, cette notion de  » fusion amoureuse  » pourrait bien éclairer le mystère de la Sainte Trinité.
Les trois Personnes Divines  » fusionnées  » en une seule Entité, dans un Amour parfait…
Trois Personnes tellement unies, qu’elles sont  » un Seul Dieu « , (tout en restant trois Personnes distinctes) ?
Cela nous parle-t-il de notre vocation spirituelle, après cette vie provisoire :  » fusion en Dieu  » ? 
Nul ne sait, et mes élucubrations restent marquées de matérialisme, j’en conviens.
Que sera le monde de ‘Esprit ?
Un jour, nous saurons… tout !

Pour clôturer ma modeste réflexion, je voudrais exprimer une certaine reconnaissance du  » droit à l’erreur  » qui germe en Église aujourd’hui, au sujet des couples désunis, recomposés… et c’est très bien : l’Église se doit  d’être  » visage d’Amour  » et non d’exclusion… La séparation, le divorce sont des souffrances qu’il faut respecter… Près de Dieu n’existe que le pardon, la miséricorde. L’Église se doit d’être accueil, indulgence, respect, et nul n’est parfait, sauf Dieu Lui-même. Ne l’oublions pas.

Proposition de prière :

Je te rends grâce, Père infiniment bon,
Toi qui as consacré l’union de l’Homme et de la Femme,
en les aimant d’égale façon, dans une égale vocation d’Amour.

Toi qui respectes l’unique chair qu’ils ont ainsi créée, éternellement.
Toi qui permets aux Êtres de s’aimer en toute liberté !
Béni sois-tu, ô Père infiniment bon !

Amen !

 

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