Pentecôte année C.
Cinquante jours après Pâques, la fête de la Pentecôte est un autre sommet de l’année liturgique. Nous célébrons à la fois l’irruption de l’Esprit Saint au milieu des Apôtres, la force qui leur est donnée pour annoncer à chacun dans sa langue « les merveilles de Dieu » et la naissance de l’Église comme communauté organisée des disciples de Jésus.
Évangile selon St Jean (14, 15-16. 23b-26) :
Versets 15-16 :
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
» Qu’est-ce qu’aimer ? Ici, l’Amour se manifeste par la garde de la Parole.
Il ne s’agit pas d’en rester à un vague sentiment, mais de mettre en pratique les commandements dont celui de l’amour mutuel.
Car garder, c’est se laisser façonner, transformer, pour devenir d’autres » christs « , d’autres » oints « .
Or la garde de la Parole suppose de mourir à soi-même :
en se décentrant de ses préoccupations immédiates,
en renonçant à se mettre au centre de tout, pour dégager un espace où Dieu viendra faire sa demeure.
» Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole ; mon Père l’Aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. «
Une expérience à vivre loin du simple ritualisme et du légalisme, pour que l’annonce de la Bonne Nouvelle porte du fruit. « (Emmanuelle Billoteau. Ermite. pour » Prions en Église « . Ed. Bayard)
Verset 23 :
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Avant d’affronter sa Passion, avant de « partir de ce Monde »,
Jésus multiplie les paroles de proximité, d’attachement, d’amour et de soutien à ses disciples.
Il leur fait aussi les dernières recommandations, comme à des enfants que l’on quitte…
Après la simple présence humaine de Jésus,
les disciples vont devoir s’ouvrir à une toute autre relation avec Lui : relation par la prière, dialogue avec la silencieuse Présence Divine, Présence intérieure Trinitaire, invisible réalité de foi !
L’Homme devient la demeure de Dieu, Père et Fils, avec le soutien de l’Esprit… !
La séparation des apôtres avec Jésus est un séisme nécessaire…
Avec la dangereuse facilité du contact physique, les apôtres croient connaître Jésus, croient le « posséder », et se perdent dans des rêves trop humains de victoire politique…
En fait, ils n’ont rien compris.
Il va leur falloir se réveiller, affronter une opposition farouche, une hostilité qui créera l’identité de la nouvelle Église naissante, par la rupture avec l’ancienne religion.
Il vont devoir passer à l’action, témoigner, s’organiser… avec l’aide de l’Esprit.
Versets 24-26 :
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
Jésus rappelle que tout vient du Père. L’important c’est :
- de « garder » les commandements et les Paroles de Jésus, qui viennent du Père, afin de rester en lien avec Lui : commandement d’Amour !
- de s’ouvrir à la Présence de l’Esprit, Défenseur contre le Mal, la tentation, le péché, la peur…
L’Esprit-Saint complètera l’œuvre de Jésus, enseignera plus, en fonction de la capacité de chacun(e) à recevoir.
L’Esprit est à l’œuvre, partout en ce Monde.
N’oublions pas de lui demander son aide précieuse et très efficace.
« Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ;
mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils.« (Rm 8, 15)
Proposition de prière (séquence du jour de Pentecôte) :
» Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
Viens en nous, père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.
Dans le labeur, le repos; dans la fièvre, la fraîcheur; dans les pleurs, le réconfort.
Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.
Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. «
Amen.
La séquence peut servir magnifiquement de Prière Universelle,
entrecoupée d’une invocation chantée tous les 3 ou 5 versets.