La liturgie ne prévoit, aujourd’hui, que les versets 31 à 36,
mais pour mieux comprendre ce passage,
je vous propose de reprendre la lecture à partir du verset 22…
Évangile selon St Jean (3, 22-36)
Versets 22-30 :
En ce temps-là, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser. En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.
Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification.
Ils allèrent trouver Jean et lui dirent :
« Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit :
Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite.
Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue.
J’aime beaucoup ces paroles de Jean-Baptiste sur Jésus :
elles traduisent sa grande humilité, sa volonté d’effacement, son unique désir de servir…
Jean-Baptiste est à sa juste place, et il en ressent « une joie parfaite » !
Il faudrait faire lire ce passage à tous les candidats chefs d’état : humilité et service, voilà un beau programme !
Jean-Baptiste nous donne une leçon de décroissance joyeuse : voilà pourquoi le Monde refuse aujourd’hui l’Évangile… Il est à contre-sens ! Pourtant le Bonheur est là, sur ce chemin…
Ce texte me rappelle ma mère devant mon père : leur relation complémentaire dans l’Amour… Elle s’effaçant, lui cherchant à la rendre heureuse. C’était un couple épanoui, qui rayonnait ! Chacun pensait à l’autre, avant de penser à soi…
Ça me rappelle aussi nos enfants : devenant adultes il nous ont appris à nous effacer, à nous taire devant leurs choix de vie -qui n’étaient pas les nôtres- à régler la bonne distance entre respect et accompagnement, écoute et conseil. « Diminuer pour que l’autre grandisse ! »
Ces paroles me parlent aussi de ma prière : faire taire mon ego, mon intérêt personnel. Dans le silence intérieur, offrir à Jésus une place plus grande dans mon cœur, dans ma vie… « Diminuer pour qu’il grandisse« , et m’emporte plus haut !
Et comment ne pas voir, dans cette humilité suprême, l’une des grandes caractéristiques de Jésus ?
Lorsque Jésus donne sa vie sur la Croix c’est pour que l’Homme grandisse dans sa relation à Dieu, qu’il découvre l’Amour véritable qui est effacement, don de soi… Jésus a cherché à diminuer, à disparaître même, pour que l’Homme grandisse…
« Lorsque le grain de blé tombé en terre meurt, c’est pour donner du fruit « !
Le Créateur Lui-même n’a-t-il pas cessé de parler le 7e jour, après avoir constaté que son œuvre était « très bonne « ? … Dieu donne tout, puis se tait, éternellement…
« Dieu a créé l’Homme, comme la mer a créé les continents : en se retirant.« (Friedrich Hölderlin. )
(Les versets 22 à 30 nous apprennent que les paroles ci-dessous
sont celles de Jean-Baptiste.)
Versets 31-36 :
« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous.
Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre.
Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai.
En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure.
Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ;
celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »
La réponse de Jean-Baptiste est empreinte d’humilité :
- « Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui.«
- « telle est ma joie (…) il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. »
Mais sa parole est empreinte d’Ancien Testament : « la colère de Dieu demeure sur lui » : Jésus parlera plutôt de la miséricorde de Dieu, dans le Salut offert à tous…
Jésus ne cessera d’annoncer que Dieu aime les petits, les humbles, ceux qui se font serviteurs…
Lui-même ira jusqu’à se faire obéissant, sur la Croix,
après avoir lavé les pieds de ses apôtres,
au dernier repas, geste habituellement réservé aux esclaves :
humilité indépassable de Dieu devant la folie Humaine…
La logique de Dieu est inaccessible aux orgueilleux.
Ce qui est » petit » sera déclaré » grand » dans le Ciel !
Jean-Baptiste est un modèle pour tous les prédicateurs, tous les témoins de la foi :
Annoncer le Christ-Messie sans en tirer de gloire…
Reconnaître que Jésus vient de Dieu, que sa Parole est vraie, car il est le Fils.
Accueillir la vie éternelle par la foi.
S’effacer… !
Voilà les dernières paroles de Jean-Baptiste avant son arrestation et son exécution.
Jean-Baptiste paiera la Vérité de son sang : respect.
Proposition de prière :
Béni sois-tu, Jésus, Fils du Très-Haut !
Béni sois-tu pour Jean-Baptiste, qui nous montre le chemin de la foi dans l’humilité.
La Gloire véritable est sur Toi, Jésus,
et sur le Père,
dans l’Esprit.
Toi qui es Dieu, Toi qui es Fils de Dieu,
tu as voulu prendre la dernière place.
Béni sois-tu pour les siècles des siècles !
Amen !