Jésus nous invite à ne pas répondre au Mal par le Mal,
afin de ne pas salir notre coeur… et baisser le niveau de tension.
Au coeur du conflit, l’Esprit-Saint peut nous aider
à trouver les mots qui apaisent, ou les silences nécessaires…
Évangile selon St Matthieu (5, 38-42)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;
mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »
Les conflits Humains sont très divers, les occasions de se disputer, nombreuses…
Moïse avait proposé de limiter la réplique dans une mesure équitable et modérée : » œil pour œil, dent pour dent « , et pas plus.
C’était déjà une avancée vers l’apaisement des situations conflictuelles, mais on voit souvent que la réplique est 10 fois plus forte que la violence initiale…
Dans sa lettre aux Romains, (12,17),
St Paul nous dit : « ne te laisse pas vaincre par le mal,
garde ton cœur pur, exempt de toute trace de haine,
de tout désir de vengeance, sinon TU ES vaincu par le mal ! «
L’enjeu, c’est la « sauvegarde de notre coeur « .
» Le chrétien n’est pas un faible :
animé par l’Esprit-Saint, il est appelé à témoigner
d’un amour plus fort que la mort [plus fort que la violence] «
(Bénédicte de la Croix, cistercienne pour » Prions en Église « . Ed. Bayard)
Il faut du courage pour accepter de parler,
d’écouter, de se taire pour taire la violence…
Aujourd’hui, la Société démocratique institue les bases légales d’une Justice Républicaine :
- Séparation des pouvoirs, autonomie de la Justice
- Recours aux tribunaux ouverts et garantis à tous
- Plaidoiries à charge et à décharge,
- Établissement de barèmes des peines, avec une fourchette permettant au juge de moduler selon le contexte…
Les lois de la République semblent garantir à chacun(e) une protection équitable et juste, dans les pays démocratiques…
mais l’accusé accepte-t-il sa peine ?
et la victime trouve-t-elle la condamnation suffisante ?
et le coupable est-il lavé de sa culpabilité ? réintégré dans la société ?
Retrouver la paix du cœur n’est pas si simple…
Jésus va bien plus loin que la seule morale laïque.
La Loi Divine c’est l’Amour.
La Justice de Dieu c’est le Pardon !
Jésus nous propose de faire route avec le Méchant,
de l’écouter silencieusement -pour le comprendre,
de lui donner au-delà de ce qu’il veut prendre -partage,
de ne pas chercher à avoir raison…
Transformer notre souffrance, notre désir de vengeance en Amour : c’est inhumain !
Est-ce seulement possible ? … certainement pas avec nos seules forces Humaines.
« Aimez vos ennemis, et priez pour vos bourreaux… » dira Jésus (Matthieu 5, 44).
Jésus a été giflé, il ne s’est pas vengé.
Il a reçu les crachats et les insultes : il n’a pas répondu.
Il a été cloué sur une croix, il a prié pour ses bourreaux :
» Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. « (Luc 23, 34)
Impossible pour l’Homme ?
Pourtant des héros du pardon se lèvent, parfois :
- le 27 décembre 1983, Jean-Paul II rencontrait celui qui avait essayé de le tuer (Ali Agça), et lui témoignait son pardon…
- des parents rencontrent en prison l’assassin de leur fils…
- A Dallas, un homme pardonne à une policière d’avoir tué son frère par erreur en 2018.
- A sa sortie de prison, Nelson Mandela ferme la porte au passé de l’Apartheid, refusant la vengeance, et ouvre en grand sur l’avenir d’un peuple réconcilié.
Le pardon existe.
Partout où règne l’Amour vrai, le pardon est possible…
Mais il faut du temps.
Pardonner ne veut pas dire oublier, mais libérer !
Libérer le coupable de sa culpabilité,
libérer la victime de sa rancune…
Proposition de prière :
Aide-nous, Seigneur, à nous libérer de nos rancunes qui nous étouffent,
de nos culpabilités qui nous figent sur le passé…
Pardonne-nous, Seigneur, nos fautes,
et apprends-nous à pardonner !
Amen !